
Critères de discernement vocationnel
Voir clair…
« Qui de vous, s’il veut bâtir une tour,
Ne commence par s’asseoir
Pour calculer la dépense et voir
S’il a de quoi aller jusqu’au bout ?
Ou encore quel est le roi qui,
Partant faire la guerre à un autre roi,
Ne commencera pas par s’asseoir
Pour examiner s’il est capable,
Avec dix mille hommes,
De se porter à la rencontre de celui
Qui marche contre lui avec vingt mille ? »
À un moment précis, des choix se présentent à toi : prends connaissance de moyens, de critères, de balises qui t’aideront à discerner les appels de Dieu et à faire ton option(*).
1. La disponibilité
L’attitude de base pour répondre au Seigneur, c’est la disponibilité. Il est important d’être ouvert à tout appel et d’être prêt à tout pour le suivre. Quelle que soit ton invitation, je demeure accueillant aux signes qu’il me fait. Je me mets dans une attitude de détachement, de renoncement et de confiance. Pour vérifier ma disponibilité, voici une question : si Jésus m’invitait à telle mission, accepterais-je avec joie de le suivre ?
2. L’attention aux événements de ta vie
En regardant l’histoire de toute vocation, on constate que Dieu ne s’improvise pas. Il prépare sa venue. Des personnes, parents, amis, ou autres…; des activités sportives, culturelles, sociales…; des goûts, intérêts, etc. Autant de signes qui parlent. Il suffit d’être à l’écoute.
3. La connaissance de soi
Comme le souligne la péricope évangélique, « La maison fondée sur le roc », il faut sonder son cœur et ses reins avant d’entreprendre une démarche. La connaissance de soi évite l’éparpillement, les égarements. Elle oblige chaque personne à l’honnêteté et à la franchise. Car vouloir n’est pas suffisant dans la vie, il faut aussi pouvoir. Je ne dois pas avoir peur. Dans l’engagement à la suite du Christ, je ne suis pas seul : Dieu est là pour me soutenir par son Esprit.
4. L’humour
Il ne faut pas avoir vécu très longtemps pour comprendre jusqu’à quel point l’humour est important dans un cheminement spirituel. Ça conduit à relativiser beaucoup de faux pas et d’échecs et à composer avec les limites et la fragilité de l’expérience humaine. Comme un « serviteur inutile », j’apprends par l’humour à transformer mes ténèbres en lumière et mes morts en résurrection, sans me prendre pour quelqu’un d’autre.
5. L’accompagnement spirituel
Le rôle que joue un accompagnateur ou une accompagnatrice est très important pour ne pas dire primordial. Cette personne aide à discerner dans sa vie les appels de Dieu, mais elle ne pourra jamais décider à la place de l’autre. Il arrive que des jeunes aient des éléments en main, mais ne voient pas clair ou n’ont pas le courage d’aller plus loin, jusqu’au bout. Le guide peut aider, soutenir et encourager. Plusieurs initiatives ont été prises actuellement pour aider des jeunes à cheminer : des centres de prière, des maisons de cheminement, des groupes vocationnels, des cafés chrétiens, etc.
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6. L’accueil de la Parole de Dieu
La Parole de Dieu est vivante et touche le cœur. Il ne suffit pas de la lire, encore faut-il écouter ce que le Seigneur dit à travers elle. Il est souhaitable d’ouvrir la Bible quotidiennement et de puiser à la source. À partir du texte, je parle simplement au Seigneur : il m’éclaire et me nourrit.
7. La Prière
La vie de prière, cœur à cœur avec Dieu, est essentielle. Elle modifie le regard sur la réalité.
Si la vocation est un appel de Dieu, comment puis-je y répondre sans échange : j’Écoute Dieu, je suis là devant lui, j’accueille sa vie et je lui exprime mes besoins. Comme Jésus, je dois trouver des moments pour me mettre à l’écart et prier le Père avec le désir de rechercher et d’accomplir sa volonté. L’Esprit Saint saura me soutenir par ses dons de force et de lumière.
8. La lecture spirituelle
Il existe d’excellents ouvrages qui peuvent aider à la croissance de la vie de foi. La réflexion fait porter un regard neuf sur la Parole de Dieu, et invite à des façons inédites de la mettre en pratique. Le contact avec ces livres montre comment des personnes ont pensé leur fois, l’ont vécue et se sont réalisée pleinement.
En plus de la lecture spirituelle, il est fort enrichissant de méditer sur la vie des Saints. Leur rencontre de Dieu peut éclairer celle que l’on fait soi-même.
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9. Le partage avec d’autres
Te sens-tu parfois seul dans ta recherche? Pourtant, plusieurs jeunes sont à l’écoute de Dieu et lui ouvrent leur cœur.
Tu peux participer à des fins de semaine de prière, à une retraite, à des échanges sur le sujet de la vocation. Tu peux t’intégrer à un groupe en cheminement vocationnel. Tu seras stimulé par la rencontre de témoins et d’autres jeunes qui pensent à un engagement radical.
Ces temps forts sont toujours enrichissants et fortifiants. On y fait une expérience d’Église.
10. La célébration de l’eucharistie et de la réconciliation
L’Église est née du dynamisme de la Pâque du Christ mort et ressuscité afin que notre vie ne soit plus à nous-mêmes mais à Dieu. Chaque fois que nous partageons le pain et le vin de l’Eucharistie, nous entrons dans ce mystère d’offrande et de communion que nous sommes conviés à perpétuer par toute notre vie. Aussi est-ce le moyen par excellence pour croître dans une attitude d’ouverture aux appels de Dieu.
Dans ce processus de croissance, le sacrement de la Réconciliation est une invitation à la conversion continue. « Je ne suis pas venu appeler les justes mais les pêcheurs » dit Jésus (Mt 9,13). Celui ou celle qui cherche la volonté de Dieu dans sa vie a besoin de faire l’expérience concrète de la miséricorde de Dieu, de sa tendresse, de sa fidélité, de son amour.
11. L’engagement et le service
L’appel de Dieu conduit toujours vers les autres. Il est bon d’avoir dans la vie une activité qui dérange et mène au dépassement.
Si je prends l’habitude de me dévouer au service des autres par exemple à l’intérieur d’un mouvement, j’y exercerai ma générosité et l’attention aux personnes.
À l’exemple de Jésus Christ, j’apprendrai à faire place aux pauvres, aux faibles, aux démunis, aux petits, sans oublier mes proches.
12. La patience et le courage
Ce n’est pas sans combat que l’on répons à un appel de Dieu. Les apôtres, à la suite du Christ, ont connu cette lutte, ce tiraillement entre ce qu’il faut et ce qu’il ne faut pas.
La gloire, l’honneur, la vie facile, l’argent et quoi encore… miroitent devant nos yeux. Mais le Christ a vaincu le monde et ses puissances.
Moi-même, il me fait accepter des tiraillements, des déchirements pénibles parfois. Plus je m’approcherai de Dieu et désirerai lui être fidèle, plus je sentirai que Dieu se fait proche de moi et qu’il me garde sur le chemin qui conduit à la vie. Si je construis ma maison sur le roc, rien ne pourra m’ébranler : je peux être confiant !
(*)Texte tiré de la brochure Ta vie… un choix, publiée en collaboration avec l’A.R.D.P.V., l’A.C.R.C.V. et l’A.F.D.P.V., 1987

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