
Discernement pour les vocations presbytérales
I. Aspects généraux qui peuvent s’appliquer à toute vocation de consécration :
Dans cette première partie, il importe de bien mesurer (autant que possible) la vérité et la qualité de l’appel vocationnel entendu.
1. Il s’agit d’un appel qui se révèle d’une manière assez permanente (ou qui revient périodiquement)…
Il faut déceler «le coup de cœur passager et éphémère» pour s’en dégager…surtout chez les «nouveaux convertis». Le temps révèlera la qualité et la vérité de l’appel reçu. De même qu’il faut sortir de l’idée «d’une petite voix personnelle qui jaillit dans le cœur ou au fond de la conscience, sans égard à l’entourage» (style révélation privée et jalousement gardée !).L’appel d’un candidat doit toujours être discerné dans l’accompagnement de la personne, à travers la prière, les personnes-témoins et les événements de la vie de l’Église actuelle et du monde d’aujourd’hui. «Dieu fait tout concourir au bien de ceux qui l’aiment» (cf. S. Paul).
2. L’appel de Dieu, quand il est authentique, est habituellement accueilli dans la joie intérieure. Il crée aussi un état de relative paix intérieure.
Le candidat expérimente inévitablement sa joie d’être au service des autres. Il se dit heureux de se donner! Et ce, même s’il vit occasionnellement des moments d’hésitation ou de brouillard intérieur.
3. L’appel de Dieu exige toujours une réponse inconditionnelle (dans la durée, dans le service accompli et dans le plein don de soi-même).
Quand le candidat met des conditions…il faut s’interroger!) Ce qui est fondamentalement en cause, c’est le don généreux et sans réserve de soi-même.
4. Le candidat doit avoir une conscience nette et éclairée que Dieu aime ce monde d’aujourd’hui et cette terre qu’il a créée, même si celle-ci présente des embûches passagères. Sinon, le «moralisme» prend le dessus avec le temps! Il est toujours important de revenir sur cela, au fil du cheminement… car on ne peut apporter l’évangile aux gens que nous n’aimons pas! (Cf. psaumes : « Tu aimes, Seigneur, cette terre… » et dynamisme de la création. D’où un regard positif (sans être naïf) sur le monde actuel.
Ces aspects généraux de discernement vocationnel se vérifient le plus souvent dans le cadre d’un accompagnement spirituel et pastoral.
II. Aspects particuliers qu’il est nécessaire de regarder dans l’aujourd’hui de la vie de notre Église :
1. La personne nous apparaît-elle assez bien équilibrée? (On tient évidemment compte de son âge, de sa famille, de ses aptitudes, des relations avec l’entourage…)
On portera une attention spéciale à sa maturité affective : cela se voit assez bien dans les relations que le candidat entretient avec ses confrères, les hommes, les femmes et les enfants qui entrent en contact avec lui ou que le candidat cherche à rencontrer.
2. Le candidat manifeste-t-il un assez bon sens de la responsabilité personnelle et pastorale (« prendre soin de la communauté »)?
Est-il également assez autonome dans sa vie personnelle? Prise en charge de ses engagements, gérance de son budget personnel, de son environnement, de son travail? A-t-il un respect équilibré et un bon sens de l’autorité? L’autorité présente-elle une surcharge ou un blocage chez lui? Ce dernier point se révèle particulièrement dans son attitude quand il reçoit des remarques.
3. Considère-t-il à sa juste mesure l’importance du travail en équipe. Grande importance donnée à cet aspect pour le ministère d’aujourd’hui! D’où
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sa capacité de collaboration
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son ouverture aux idées des autres
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sa capacité de mettre en veilleuse ses projets personnels pour favoriser parfois ceux des autres quand c’est justifié.
4. Son sens de la prière et de l’oraison
Son aptitude à « être disciple »? Cela se traduit en beaucoup d’éléments, notamment son sens de la conversion, ses motivations profondes, sa capacité à développer une certaine mobilité intérieure, en regard de ses découvertes, des attentes de l’Église et des besoins des communautés.
5. Son amour de l’Église… et son attachement aux sacrements (pôles intégrateurs pour l’Église), notamment l’Eucharistie…
6. Sa fréquentation assidue de la Parole de Dieu
Point majeur à développer dans le cadre d’une nouvelle évangélisation. A-t-il de l’intérêt pour les études bibliques et la recherche biblique actuelle?
7. Son ouverture à un accompagnement spirituel…
8. Ses attitudes à l’égard des plus petits (pauvres, oubliés, souffrants, mal-aimés et moins instruits, etc.)
9. Dernier point non négligeable : le candidat manifeste-t-il clairement son attention à la communauté qui est là, aujourd’hui, objet de son ministère.
Il faut se méfier autant de ceux qui regrettent le passé que de ceux qui rêvent toujours de l’avenir puisque ces comportements sont des indices de fuite du présent! La meilleure attitude est de dire : «Actuellement, c’est là mon ministère… Ce sont ces personnes que je suis chargé d’accompagner, ici et maintenant.»
Évidemment tout ceci s’acquiert avec le temps et selon les événements vécus, dans le cadre d’un sain accompagnement pastoral.
N.B. Il est recommandé à tous les accompagnateurs et à toutes les accompagnatrices de discernement vocationnel d’être bien attentifs aux personnes qui manifestent un tempérament ou des comportements excessifs : fort acariâtres, démesurément provocateurs, autoritaires à outrance ou habituellement hautains. Car ces formes excessives cachent souvent de profondes blessures personnelles ou de sérieux handicaps psychologiques.
Dans le cadre de la vie communautaire en particulier, ces comportements deviennent à la longue inacceptables, ingérables, intolérables puisqu’ils rendent impossible l’équilibre au sein d’une communauté. Quand on se rend compte de telles choses, il est toujours bon, quand c’est possible, de référer la personne à une évaluation psychologique ou psychiatrique auprès de professionnels en la matière.
Avril 2010
Écrit en collaboration
A.R.D.P.V et le
Grand Séminaire de Montréal

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