Pourquoi un tel se dit-il incapable d'aller visiter un malade à l'hôpital ? Il est mal à l'aise; au fond il a peur. Peur des microbes ? Peur du malade ? Non. Il a peur de lui-même, peur du malade qui l'habite, lui qui veut se croire en santé. Le malade lui rappelle sa propre vulnérabilité et remet en question sa santé, sa vie.
Mais quand accepteras-tu le malade et le bien portant en toi ? Jésus te dit : « Ne rabroue pas le malade en toi; laisse-le t'apprivoiser : il a quelque chose à te dire, il te libérera de tes peurs, il te permettra d'apprécier davantage la santé, il te permettra d'approcher sans gêne celui qui souffre ».
Un autre a peur de la mort. Il ne veut jamais en parler. Car l'idée de la mort scandalise, heurte, choque. À celui qui doit mourir bientôt, on ne veut pas dire la vérité; on a peur qu'il refuse la mort et qu'il se révolte. À l'enfant qui est à quelques jours de la mort, on veut encore tout cacher. Mais ce n'est pas l'enfant qui a peur de la mort, c'est nous... En vérité, c'est nous qui refusons la mort. Nous avons peur de notre propre angoisse, de notre agonie.
Mais quand accepterons-nous à l'intérieur de nous à la fois la vie et la proximité de la mort ? Jésus nous dit : « N'écarte pas cette réalité de la mort qui t'habite déjà et qui avance à chaque jour... Familiarise-toi avec elle. Alors tu deviendras capable de tendresse envers celui qui pleure un être cher. Tu deviendras capable de sérénité et de calme en tenant la main d'un parent qui quitte la vie. »
Quand nous avons accepté et la maladie, et la faiblesse en nous, nous devenons alors capables d'incarner la tendresse du Père pour tous les hommes, même les plus souffrants.
Tiré de : Ma blessure est tendresse p.91-92, Christian Beaulieu